Auteur : Michel Venne, directeur général

L’Institut du Nouveau Monde (INM) est une organisation non partisane dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique. L’INM œuvre principalement au Québec dans une perspective de justice et d’inclusion sociales, dans le respect des valeurs démocratiques et des principes du développement durable et dans un esprit d’ouverture et d’innovation.

La problématique à l’origine du projet

Quatre constats sont à l’origine du projet initial de l’INM :

  • Le recul de la participation des citoyens à la vie démocratique québécoise
  • L’existence d’un monopole des groupes d’intérêt dans les débats publics, excluant de multiples points de vue
  • La perte de confiance de la population envers les institutions publiques
  • La transformation des modes de participation liée à la mondialisation et aux technologies numériques

Description du projet : expérimenter pour innover

Le projet a pris naissance dans l’esprit d’un journaliste. Il propose à un groupe de réflexion de créer un institut qui aurait pour mission d’animer des débats publics dans le but de renouveler à la fois les idées et la façon d’inclure les citoyens dans les débats. Première pierre de ce qui allait devenir l’Institut du Nouveau Monde, ce groupe de travail donnera son envol à la première activité destinée aux jeunes de 15 à 35 ans (qui boudent les institutions démocratiques en grand nombre) : l’École d’été de l’INM. S’ensuivra le développement d’une diversité d’activités et de programmes qui constitueront le modèle INM : une organisation non partisane qui mise sur une approche entrepreneuriale pour assurer sa pérennité et qui s’appuie sur des méthodes innovatrices de participation publique pour ancrer son action dans la rigueur méthodologique.

Facteurs favorables au processus d’innovation sociale :

  • Le profil de l’innovateur social : l’opiniâtreté et la persévérance, l’attitude d’éveil constant et l’entrepreneuriat peuvent contribuer au succès de l’initiative.
  • L’identification des besoins réels des publics cibles et des canaux de communication qu’ils privilégient afin de pouvoir les atteindre.
  • Une présence médiatique soutenue afin d’assurer une visibilité constante au projet.
  • La présence dans son entourage de mentors qui apportent des conseils pertinents et justes.
  • Du temps pour bien faire les choses. La durabilité renforce aussi la crédibilité et apporte une certaine sérénité aux innovateurs.

Contraintes au processus d’innovation sociale :

  • Le plus grand défi d’une organisation comme l’INM est d’assurer sa pérennité (ou du moins sa durabilité). Ici, la stratégie a été d’adopter une attitude entrepreneuriale qui a permis de minimiser la dépendance aux subventions et d’élargir la portée vers des milieux différents.
  • La sensibilisation des divers acteurs sociaux à l’importance de la participation citoyenne pour la démocratie constitue un autre défi permanent. La résistance de ces acteurs peut s’avérer un frein au développement d’une innovation sociale.

Retombées du projet et pérennité :

Les activités de l’INM ont entraîné des retombées importantes (calculées en 2014) :

  • Plus de 5 000 jeunes ont participé à ses Écoles d’été, parmi lesquels plusieurs ont fondé des entreprises sociales, des associations, des organismes de coopération internationale, etc.
  • Plus de 100 000 citoyens ont participé aux débats, renforçant leur confiance en eux et brisant le sentiment d’impuissance souvent ressenti dans les processus démocratiques traditionnels.
  • Quelque 16 000 personnes sont abonnées à son infolettre.
  • Plus de 100 organisations lui ont confié des mandats, se familiarisant ainsi à la participation citoyenne, ses exigences et ses bénéfices.
  • Ses méthodes et approches sont maintenant reprises par divers réseaux et organismes publics et privés, devenus des multiplicateurs du modèle au Québec et à l’étranger.
  • 20 emplois permanents ont été créés.