Auteur : Thomas Gulian, directeur, Institut de recherche sur l’intégration professionnelle des immigrants (IRIPI)

Les Centres collégiaux de transfert de technologie en pratiques sociales novatrices (CCTT-PSN) sont nés en 2009 à la suite d’un appel à propositions du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Au nombre de trois en 2009, ils étaient six centres en 2014 dont la responsabilité relevaient des collèges. Les CCTT-PSN fonctionnent comme des agents de transfert et de valorisation de la recherche et sont des lieux de recherche appliquée visant la satisfaction des besoins des milieux utilisateurs. Ils visent ultimement le développement social et la résolution de problèmes et d’enjeux sociaux exprimés par ces milieux.

Imprimer

Problématique ou besoin : la fenêtre d’opportunité

La création de l’IRIPI (un CCTT-PSN) par le Collège de Maisonneuve repose sur l’idée de construire de nouvelles solutions aux difficultés d’intégration socioprofessionnelle des immigrants qui choisissent de s’établir au Québec. En effet, cette population connaît un taux de chômage plus élevé que les personnes nées au Canada et fait face à des obstacles nuisant à son insertion au marché du travail. L’IRIPI a été créé afin de répondre aux besoins des intervenants divers du marché du travail (immigrants, organismes communautaires, employeurs, organisations publiques et parapubliques). En outre, l’IRIPI est ancré dans le milieu collégial et œuvre, avec plusieurs partenaires de ce réseau, à la construction de relations interculturelles harmonieuses et à l’intégration socioprofessionnelle des diplômés des collèges dans un contexte de diversification croissante de la population étudiante.

Description du projet : expérimenter pour innover

L’IRIPI développe depuis 2009 des solutions favorisant l’intégration professionnelle des immigrants, en partenariat avec les acteurs concernés. Les actions de l’IRIPI sont orientées autour de la recherche appliquée ainsi que du soutien technique et méthodologique à la mise en œuvre de processus de changement social et du transfert de connaissances (formation et diffusion de l’information). L’IRIPI :

  • Privilégie une approche partenariale dans la résolution des problèmes reliés à l’intégration socioprofessionnelle des immigrants;
  • Élabore des solutions aux besoins de ses partenaires et les accompagne dans l’expérimentation de ces solutions;
  • Œuvre de concert avec les organismes communautaires à la création d’approches et d’outils novateurs facilitant l’intervention auprès des immigrants;
  • Accompagne les entreprises dans la création de pratiques de gestion de ressources humaines plus inclusives en réponse à la diversification ethnoculturelle de leurs employés;
  • Fournit des réponses innovantes aux différentes organisations concernées par la question de l’intégration socioprofessionnelle des immigrants.

En plus de pratiquer la recherche appliquée et le transfert de connaissances, qui sont au cœur de la mission des CCTT-PSN, l’IRIPI participe activement à la vie du Collège de Maisonneuve en s’assurant que ses actions aient des retombées sur la formation des étudiants et en s’impliquant dans plusieurs actions reliées au réseau des cégeps.

Facteurs favorables au processus d’innovation sociale :

Plusieurs facteurs sont favorables au processus d’innovation sociale mis en place par l’IRIPI.

  • Domaine d’intervention (l’intégration socioprofessionnelle des immigrants) : Il s’agit d’un enjeu important pour le développement économique et démographique du Québec. De nombreux acteurs sont interpellés par cette question, et les besoins sont urgents;
  • Approche partenariale utilisée pour répondre aux besoins des acteurs concernés : Cette approche repose sur une coconstruction des connaissances entre savoirs scientifiques et pratiques. Elle est l’une des conditions qui permettent de trouver un consensus et une vision commune qui facilitent l’élaboration et l’implantation des innovations.

Contraintes au processus d’innovation sociale :

  • Limites et précarité du financement accordé à l’innovation sociale;
  • Temporalité du changement social : La mise en œuvre d’une innovation sociale nécessite du temps et les retombées des projets peuvent rarement se faire sentir à court terme. Or, les besoins des acteurs (entreprises, organisations publiques, parapubliques ou communautaires et immigrants) sont urgents. L’IRIPI mène donc une veille afin d’anticiper les besoins à venir, à laquelle il allie une forte présence sur le terrain et des partenariats fructueux.

Retombées du projet et pérennité :

Globalement, les retombées des CCTT-PSN sont envisagées en termes de développement social et de cohésion sociale, en parallèle avec le développement économique. L’approche mise de l’avant par l’IRIPI vise l’amélioration des conditions d’intégration professionnelle des immigrants dans un marché du travail qui aura de plus en plus recours à l’immigration pour pallier les besoins de main-d’œuvre à venir. En même temps, l’intégration socioprofessionnelle des immigrants est une condition de leur intégration à la société québécoise. La recherche et le développement d’approches innovantes en la matière favorisent donc la cohésion de la société québécoise dans son ensemble, mais également son développement économique.

Plus spécifiquement, les projets de l’IRIPI ont contribué à générer des pratiques innovantes et de nouveaux savoirs et savoir-faire dans plusieurs milieux. Ils ont contribué à :

  • Développer des méthodes pour évaluer et mieux comprendre des difficultés rencontrées par les immigrants dans leur intégration au marché du travail;
  • Mieux outiller des organismes communautaires dans l’accompagnement des immigrants en vue de leur accès à l’emploi;
  • Doter l’entreprise de pratiques de gestion des ressources humaines pour mieux répondre à la diversité ethnoculturelle dans les milieux de travail;
  • Accompagner les milieux de l’éducation dans la mise en œuvre de nouvelles approches de reconnaissances des acquis et des compétences pour les immigrants;

Sensibiliser divers intervenants aux façons de pallier les obstacles pouvant freiner l’insertion des immigrants au marché du travail.