Le 3 avril 2014, le RQIS a tenu une table ronde sur l’intégration des innovations sociales dans les grands systèmes dans le cadre du 4e colloque international du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES). Animé par Michel Venne, président du RQIS, et alimenté par trois leaders québécoises de l’innovation sociale, l’évènement a rassemblé plus de 100 personnes interpellées par la question. Fortes de leur expérience sur le terrain, les trois panélistes ont chacune présenté leur vision de l’institutionnalisation des innovations sociales basée sur leur champ d’action respectif.

Trois conditions à l’institutionnalisation

Pour Francine Côté, adjointe à la direction des services généraux et des programmes spécifiques au CSSS Jeanne-Mance, trois conditions doivent être réunies pour favoriser  l’institutionnalisation : la confiance, la pérennité de la gouvernance et le travail en réseau. Le projet du CSSS Jeanne-Mance Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance (EMRII) (fichier PDF) a réussi à créer une collaboration inédite entre des policiers et des intervenants en santé pour lutter contre l’itinérance. Les ingrédients clés à cette collaboration efficace selon elle? Un langage commun, un savoir-faire et un savoir-être.

L’économie sociale et solidaire, une innovation perpétuelle

Du point de vue de Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l’économie sociale,  un mouvement démocratique et pluriel et une place à la relève sont deux pièces maîtresses à une institutionnalisation non sclérosée. Celle qui décrit l’économie sociale et solidaire comme un mouvement de démocratisation économique soutient qu’il existe un système d’innovation en économie sociale au Québec qui comprend des organisations de représentation et de concertation, de soutien aux entreprises, de formation et d’éducation, de réseautage, de recherche et transfert de connaissance et, enfin, de financement.

L’innovation sociale comme moyen, et non comme fin

Selon Josée Beaudoin, vice-présidente Innovation et Transfert au CEFRIO, la première condition à l’innovation sociale est le sentiment qu’un changement est nécessaire. En se basant sur le projet École en réseau qui permet une collaboration à distance entre différents intervenants du milieu de l’éducation, elle avance que les transformations sociales doivent venir du terrain, tout en disposant d’une structure de pilotage à haut niveau. Pour elle, l’accompagnement, le soutien, l’efficience et l’ancrage sont les quatre pôles stratégiques à l’institutionnalisation de l’innovation sociale. Un obstacle majeur à cette progression? Les changements fréquents des ressources humaines dans les milieux de pratique et au sein des autorités publiques.